Modèles de réussite

Sons ultra-exploitables

Habituellement, le mot « ultrason » évoque, dans l’esprit de la plupart des gens, l’idée d’une femme enceinte et l’image embrouillée d’un fœtus. Ce type d’ultrason conventionnel est appelé ultrason à basse fréquence et il produit des images de faible résolution.

Deux chercheurs de l’université Dalhousie, monsieur Jeremy Brown, professeur adjoint à l’école de génie biomédical, et le docteur Manohar Bance, professeur d’otologie, de neuro-otologie et de chirurgie de la base du crâne à la faculté de médecine, travaillent actuellement à la mise au point d’un dispositif,  minuscule mais puissant, qui utilise des ultrasons à haute fréquence pour fournir aux travailleurs professionnels de la santé des images de haute résolution qui montrent l’état de petits organes du corps comme l’oreille interne.

Monsieur Brown estime que les ultrasons à haute fréquence peuvent donner accès  à certaines parties du corps qui, auparavant, étaient inaccessibles. « Le dispositif sur lequel le Dr Bance et moi-même travaillons peut fournir aux professionnels de la santé une image plus précise de l’état de leurs patients, ce qui leur permettra de poser un diagnostic plus exact et de prescrire un régime de traitement plus efficace qu’ils ne pouvaient le faire par le passé. »

Le dispositif de monsieur Brown, dont le diamètre est d’environ deux millimètres, produit des ondes et des échos à haute fréquence qui permettent de détecter des lésions et des anomalies dans les structures délicates de l’oreille interne. Grâce à ce dispositif, il devient possible de faire des pronostics ou des diagnostics  précoces de troubles causés par le cholestéatome, par exemple, une excroissance destructive de cellules dermiques pouvant mener à la surdité et à la maladie de Ménière, laquelle cause le vertige, l’acouphène et la surdité.

Madame Barbara Campbell, directrice adjointe du bureau de l’innovation et de la liaison avec l’industrie de Springboard Atlantic, à l’université Dalhousie, est experte en transfert des technologies en sciences de la santé. Sa mère a un cholestéatome. Convaincue que le dispositif de monsieur Brown pouvait s’avérer utile sur le plan clinique, madame Campbell avait particulièrement hâte d’élaborer une stratégie de commercialisation. Elle a facilité l’obtention de fonds du programme de Validation de principe de Springboard, ce qui a permis à monsieur Brown et au Dr  Bance de soumettre leur dispositif à des recherches plus rigoureuses axées sur le constat afin d’en déterminer la viabilité. Les résultats de ces recherches ont créé une base solide  pour présenter une demande afin d’obtenir une subvention du Early Stage Commercialization Fund (ESCF) d’Innovacorp. La subvention a été accordée et a servi au financement partiel d’une analyse des marchés destinée à évaluer et à exposer le besoin de nouveaux systèmes d’imagerie par ultrasons à haute fréquence. Le rapport sur l’étude des marchés de Frost et Sullivan a été l’un des éléments déterminants qui a permis d’accéder au premier rang, à l’échelle nationale, et d’obtenir des fonds du  Programme de démonstration des principes des Instituts de recherche en santé du Canada. De plus, le rapport a suscité l’intérêt de partenaires commerciaux.

En plus d’élaborer la stratégie de commercialisation et de participer à la préparation des demandes de financement, madame Campbell et son bureau ont également présenté des demandes de brevets et fourni leurs services d’experts en matière de transfert des technologies et d’obtention de licences. À l’heure actuelle, le bureau de l’innovation et de la liaison avec l’industrie de l’université Dalhousie est en pourparlers avec des partenaires de sociétés multinationales qui pourraient être intéressées à obtenir une licence d’exploitation de la technologie pionnière créée par monsieur Brown.