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Modèles de réussite

La chance sourit au surfactant Gemini à la deuxième ronde

Quand Dr. Gerrard Marangoni et Dr. Bruce Grindley ont finalement annoncé un contrat de licence exclusif pour leur surfactant Gemini en novembre 2012, il était difficile de croire que le développement de leur produit s’était heurté à un mur trois années auparavant.

Heureusement, ils travaillaient avec Andrew Kendall, directeur du bureau de liaison avec l’industrie à St. Francis Xavier University. Il a fait ressusciter le projet et a trouvé une nouvelle voie pour faire commercialiser le produit.

Le projet a débuté vers la fin des années 1990 quand Gerrard Marangoni de StFX et Bruce Grindley de Dalhousie University ont commencé à étudier de plus près les surfactants Gemini. (Les surfactants, parfois appelés tensio-actifs, sont des substances qui réduisent la tension de surface des liquides et un surfactant Gemini comporte deux molécules tensio-actives).

À l’aide du bureau de liaison de StFX, ils ont reçu du financement du Fonds d’innovation de l’Atlantique en 2003 et les deux professeurs en chimie - qui ont travaillé avec huit à dix étudiants dans leur recherche – ont commencé à développer le surfactant Gemini à haute performance. Ce composé peut dissoudre ou émulsionner des substances insolubles et former une couche sur différentes surfaces et il peut avoir différentes applications pour l’industrie et les consommateurs. Ce qui était particulièrement intéressant à propos du surfactant Gemini à Gerrard Marangoni et Bruce Grindley était le fait qu’il nécessitait une bien plus petite quantité pour faire la même chose que des produits existants et ferait donc économiser de l’argent au client.

Alors que leur recherche progressait, ils ont reçu de l’argent de Springboard pour « obtenir toute une gamme de propriétés de type industriel des surfactants Gemini », a expliqué Gerrard Marangoni, en ajoutant que cela les a vraiment aidés à obtenir des données utiles à eux-mêmes et à leurs partenaires dans le développement des surfactants.

Ils ont aussi commencé à collaborer avec une compagnie pétrolière de l’ouest canadien dans le but d’en faire le premier à adopter le produit. Cependant, l’industrie du pétrole a durement été touchée par la crise financière de 2008, et la compagnie pétrolière a décidé de se retirer du projet une année plus tard.

« La compagnie a abandonné le projet et nous nous sommes retrouvés en 2009 avec un très bon surfactant… et absolument aucune façon de le mettre en état pour l’introduire sur le marché », dit Gerrard Marangoni.

Mais heureusement, Andrew Kendall du Bureau de liaison industrielle a eu une idée. Il avait récemment été en contact avec GreenCentre Canada, un groupe basé à Kingston en Ontario qui aide à commercialiser les progrès en chimie respectueux de l’environnement. Il a pris contact avec le groupe et ils se sont intéressés au travail réalisé par Gerrard Marangoni et Bruce Grindley. Les deux professeurs sont allés à Kingston pour rencontrer l’équipe de GreenCentre qui s’est rapidement mis à les aider à  produire le produit de façon rentable en quantités qui répondent aux besoins de l’industrie. GreenCentre a octroyé une licence pour le produit en septembre 2010.

« C’est comme ça que le produit a été mis en voie de devenir une technologie commercialisable », explique Gerrard Marangoni. « Ils ont travaillé très fort pour en arriver à un point avec cette technologie pour qu’une grosse quantité de surfactant Gemini puisse être produite à un coût minime ». 

C’est en novembre 2012 qu’a eu lieu le gros déclic quand GreenCentre a vendu ses droits au produit à RAN Chemical, ce qui a permis à cette compagnie indienne de donner des licences à d’autres entreprises et de développer le produit en une gamme de produits industriels.

Gerrard Marangoni a expliqué que le développement de ces produits serait sous forme de modèle en étoile, où les développeurs des produits finis paieront RAN, qui ensuite paiera les développeurs originaux, incluant StFX et Dalhousie.

La poursuite du développement des surfactants Gemini est dorénavant menée avec ces autres partenaires, alors Gerrard Marangoni se concentre maintenant davantage sur son prochain projet, une entreprise à but lucratif appelée GMS Surface Tech, qui développe des produits de nettoyage industriel environnementaux.

« On en arrive à un point où le projet vole de ses propres ailes », affirme Gerrard Marangoni, « et il est donc temps de passer à autre chose ».