Modèles de réussite

Technologie innovatrice de prothèse auditive

Une nouvelle collaboration entre Dalhousie University et une compagnie américaine pourrait mener à de meilleurs appareils pour les malentendants. L’université a conclu un accord de licence mondial avec Ototronix, LLC de Houston pour une nouvelle technologie qui traite la surdité de transmission et miniaturise la source électrique de prothèses auditives.

C’est une collaboration qui a mis en marche l’avancement de cette technologie il y a plusieurs années, entre Dr. Manohar Bance, professeur et chef par intérim de la division d’otolaryngologie et Jeremy Brown et Rob Adamson de l’école de génie biomédicale. « Nous avons commencé avec l’idée qu’on pourrait utiliser les piézoélectriques (une charge électrique qui s’accumule dans certains matériaux solides) directement attachés au crâne », explique M. Adamson, mentionnant que c’est M. Bance qui a initié le processus. « C’était en grande partie son initiative de prendre ses idées cliniques pour traiter les patients puis embaucher des ingénieurs pour l’aider à réellement faire concrétiser ces idées ».

Contrairement à un implant d’oreille moyenne qui fournit une stimulation mécanique directe à la cochlée, l’implant de Dalhousie University est implanté directement sur le crâne, ce qui permet à la peau de se développer par dessus l’implant, le rendant invisible. Une fois implanté, il fera vibrer le crâne et ces vibrations feront leur chemin vers la cochlée pour finalement la faire vibrer à son tour, créant ainsi du son. M. Adamson mentionne qu’une source de courant externe qui émet des ondes ultrasons, est située derrière l’oreille, est inoffensif et ne nécessite que très peu d’entretien. « Alors, pour des personnes ayant des problèmes auditifs et qui ne peuvent pas transmettre de sons de leur conduit auditif à leur cochlée, cette option est une façon alternative de faire parvenir le son à cet endroit ».

Réjouie par les résultats, l’équipe de recherche s’est mise à la recherche d’un partenaire pour aider à commercialiser leur technologie. « Nous avons commencé en essayant de trouver des partenaires alors nous avons présenté notre technologie à toutes les conférences que nous pouvions trouver et éventuellement quelqu’un est venu nous voir après la présentation et nous a informé de leur intérêt à commercialiser notre technologie », explique Rob Adamson. 

Bienvenue à Ototronix, dont le président et PDG, Michael Spearman, a assisté à une conférence durant laquelle Jeremy Brown avait fait un discours sur leur travail sur le nouvel implant. M. Spearman dit qu’il a immédiatement identifié l’implant comme étant différent de ce qui se trouve actuellement sur le marché. « Tout le monde utilisait encore un appareil magnétique ou un vibrateur osseux, le genre d’appareil que quelqu’un obtiendrait en allant à un test d’audition » a-t-il expliqué après l’annonce du Life Sciences Centre (centre des sciences de la vie). « Nous avons reconnu que ce projet pourrait être très intéressant. Il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne la technologie et sa préparation à la commercialisation, mais nous avions quelqu’un qui comprenait tout ça, avait déjà commencé la recherche que personne encore ne faisait ». Les appareils aujourd’hui sur le marché ne sont pas une « solution élégante », affirme M. Spearman. « Même s’ils fonctionnent plus ou moins bien », dit-il en parlant des modèles existant actuellement, « ils ne sont pas esthétiques à cause de la broche qui sort du crâne… et… il y a beaucoup de complications à cause du risque d’infection de la peau parce que quelque chose la transperce ».

Les prochaines étapes du processus comprennent davantage de recherche et de développement, du travail d’intégration des systèmes, des essais sur les animaux, des essais avec des patients et l’approbation règlementaire. Les essais avec les patients pourraient commencer dans 18 à 24 mois et l’appareil pourrait entrer sur le marché dans 3 ans et demi s’il reçoit le feu vert de la U.S. Food and Drug Administration américaine, affirme M. Spearman.   

Ototronix va aider l’équipe de Dalhousie à mesure que le processus avance. « Une des raisons pour lesquelles nous aimons cette collaboration est le fait qu’ils ont beaucoup d’expérience avec le processus d’approbation réglementaire, qui est compliqué et coûteux », explique M. Adamson. M. Spearman attribue l’avancement de cette technologie au partenariat entre le département clinique et celui de génie. « Beaucoup d’universités font de la recherche mais elles ne sont pas nombreuses à avoir le dynamisme et la concentration de dire “comment passer à la commercialisation ? ” ».