
Des partenariats qui s'attirent le respect
Les événements du 11 septembre 2001 et les années subséquentes ont changé de nombreux aspects de la vie en Amérique du Nord et partout dans le monde, notamment au sein de l’industrie des services financiers. Depuis cette date déterminante, les banques doivent appliquer des exigences beaucoup plus rigoureuses afin d’assurer la surveillance et la vérification des activités de blanchiment d’argent et des activités frauduleuses en général, tout particulièrement celles qui pourraient être associées à des groupes terroristes et au crime organisé.
Par suite d’une collaboration entre un expert en technologie de l’information de l’industrie bancaire et des étudiants en génie qui effectuent des études dans le domaine de la robotique à l’université Memorial, une entreprise de Terre-Neuve est maintenant un fournisseur clé de logiciels de détection de la fraude et du blanchiment d’argent en Amérique du Nord.
En 2000, David Kelly, ancien de la faculté de commerce de l’université Memorial, a vendu l’entreprise importante qu’il avait constituée et dont l’activité consistait à fournir des services en technologie de l’information à l’industrie bancaire. Le 9 septembre 2001, monsieur Kelly a tout de suite saisi l’envergure des changements que les banques devraient effectuer et des défis auxquels elles seraient confrontées à la lumière d’une nouvelle réglementation plus rigoureuse. La plupart des banques importantes avaient déjà des systèmes en place, mais les petites banques et les banques de taille moyenne ainsi que les caisses populaires et credit unions ne disposaient pas de moyens perfectionnés pour vérifier les flux monétaires. Vivement conscient du potentiel commercial que présentait cette situation, monsieur Kelly a soumis son idée à l’université Memorial et avec l’aide de Genesis Group, membre du réseau de Springboard, il a été mis en rapport avec une équipe d’étudiants en génie qui se spécialisaient, à l’époque, dans le domaine des applications de la robotique à l’exploitation minière souterraine. Les connaissances en affaires et en mise en marché de monsieur Kelly, conjuguées aux compétences techniques et scientifiques des étudiants, ont permis de mettre au point un logiciel très avancé pour lutter contre le blanchiment d’argent, logiciel qui utilise les mêmes principes de la reconnaissance des formes que ceux conçus par les étudiants dans leur travail en robotique.
Bénéficiant d’un investissement providentiel fourni par monsieur Kelly et du programme d’incubateur d’entreprises mis en place par Genesis Group, les étudiants en génie se lancèrent dans l’entreprenariat et créèrent une entreprise essaimée appelée Verafin, afin de développer davantage leur logiciel et de le commercialiser. Grâce au mentorat fourni par monsieur Kelly et à l’aide continue assurée par Genesis Group, la clientèle de Verafin a commencé à augmenter, les premiers clients étant les caisses populaires du Canada atlantique. À l’heure actuelle, l’entreprise domine le marché des caisses populaires en Amérique du Nord. En 2006, le produit novateur de Verafin ainsi que son solide plan d’affaires a permis d’obtenir un investissement important de Killick Capital, une entreprise de capital de risque ayant son siège à Terre-Neuve.
Grâce aux alliances fructueuses créées avec les fédérations des caisses populaires et credit unions de l’Amérique du Nord, et grâce aussi à un investissement de 5 millions de dollars offert par RBC Ventures en 2009, Verafin a pu rapidement s’établir sur le marché américain des banques intermédiaires. À l’heure actuelle, les produits offerts par l’entreprise contribuent à la protection de plus de 600 établissements financiers en Amérique du Nord contre les activités de fraude et de blanchiment d’argent tout en fournissant les outils nécessaires pour assurer le respect des règlements.
Aujourd’hui, Verafin a des ventes annuelles d’environ 10 millions de dollars, elle emploie 100 personnes à son siège social de St. John’s et le président-directeur général, Jamie King, est un des membres de l’équipe originale d’étudiants en génie qui ont fondé l’entreprise. Il vient d’être nommé sur la liste des 40 premiers chefs d’entreprises de moins de 40 ans établie par Caldwell Partners.
David King, président-directeur général de Genesis Group, affirme qu’il s’agit là d’un exemple par excellence de ce qui peut être accompli lorsque la communauté d’affaires et les chercheurs se mobilisent ensemble pour mettre à la disposition du marché les connaissances qui se développent à l’université. Il affirme : « Il suffit de faire les bons rapprochements pour pouvoir tirer parti de l’énorme potentiel qui existe. »