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Modèles de réussite

Atlantic Hydrogen et UNB en partenariat pour améliorer le carburant

En menant une visite des installations d’avant-garde de Atlantic Hydrogen Inc. à Fredericton, David Wagner, le PDG, revient à plusieurs reprises sur le thème central dans sa présentation sur l’histoire et les perspectives d’avenir de la compagnie : sans l’aide de University of New Brunswick, rien de ce qui a été accompli, n’aurait été possible.  

Ce que la compagnie a accompli sur une période de 13 ans est pas mal impressionnant. Ces accomplissements prendront sans aucun doute de l’ampleur de façon spectaculaire à l’automne 2013 quand AHI et leur partenaire Emera Inc. ouvriront leur installation à la centrale électrique de Bayside près de Saint Jean. Cette installation produira du gaz naturel enrichi d’hydrogène, aussi appelé GNEH. 

« Nous commençons tout juste la phase de construction de notre première usine de taille industrielle », annonce David Wagner tout en marchant vers l’installation d’essai située derrière l’usine de la compagnie. « Nous pouvons démontrer ici tout ce que nous faisons et maintenant l’idée est de déménager dans une plus grande installation ».

L’installation d’essai – qui ressemble à un assemblage de tuyaux et de composants électriques – est une unité de démonstration de taille industrielle pour la technologie CarbonSaver. Cette technologie phare de la compagnie utilise la technologie à plasma pour extraire l’hydrogène du gaz naturel et pour en éliminer le carbone par filtrage. Le système réintroduit ensuite l’hydrogène dans le gaz naturel pour l’enrichir et le rendre plus propre et plus efficace.

C’est Bill Stanley, un entrepreneur accompli, qui a créé Atlantic Hydrogen en 2002 avec un concept simple : si on utilise le plasma pour extraire l’hydrogène du gaz naturel (composé d’une part de carbone et de quatre parts d’hydrogène), on peut éliminer les particules de carbone et on peut réintroduire l’hydrogène dans le gaz naturel pour l’améliorer en tant que carburant. Stanley a travaillé avec des scientifiques de l’université McGill pour prouver le concept puis il a transféré le projet à University of New Brunswick avec l’appui du Fonds d’innovation de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

Le bureau des services de recherche de UNB a collaboré avec les actionnaires pour mettre en place la compagnie en faisant du travail de recherche à contrat et en fournissant à la compagnie des locaux pour les laboratoires et l’administration durant ce qui a représenté sa phase d’incubation. Cette entente a duré jusqu’à ce que la compagnie ait déménagé dans ses installations actuelles en 2007. La collaboration de recherche continue encore aujourd’hui.   

« La plupart des contrats de recherche universitaires durent de deux à trois ans au maximum », affirme David Foord – qui travaillait au Bureau des services de recherche à l’époque et est aujourd’hui un des membres de la direction à AHI. « Ce contrat dure quasiment depuis que la compagnie est née ».

Alors que les scientifiques savaient que le processus fonctionnait, la compagnie a travaillé au fil des années sur l’amélioration de l’efficacité de la procédure et sur sa rentabilité à l’échelle industrielle. Au courant des années, AHI a réduit de 98 pourcent le montant d’électricité utilisé dans le processus. La compagnie a aussi conclu que le GNEH produit à l’aide du CarbonSaver est de loin supérieur au gaz naturel ordinaire, produisant 20 à 40 pourcent moins d’oxydes d’azote et ayant une efficacité de plus de sept à onze pourcent.

Il n’a pas été facile d’accumuler de tels gains. La compagnie a recueilli plus de 32 millions $ en fonds, incluant un investissement stratégique de 5 millions $ de la part de Emera, mais ce qui est tout aussi important, c’est sa collaboration avec la communauté académique pour les ressources humaines et les infrastructures nécessaires pour faire avancer le processus industriel.

« Je dirais que la moitié des 25 personnes qui travaillent ici sont diplômées de UNB », explique David Wagner, ajoutant que le corps professoral est toujours disponible pour discuter des problèmes scientifiques et techniques avec le personnel de AHI. « On ne peut trop insister sur l’importance des ressources que représentent les connaissances auxquelles nous avons accès à UNB ».

L’université a aussi apporté son soutien en donnant accès à ses installations, comme par exemple leurs réacteurs avancés qui étaient indispensables avant qu’AHI aient leurs propres réacteurs.

Bientôt, AHI installera trois réacteurs à la centrale de Bayside, ce qui améliorera l’efficacité et le rendement environnemental du générateur d’une puissance de 275 mégawatts alimenté au gaz. La compagnie a acheté toutes les composantes et (à partir du mois de mai) on s’attend à ce que le processus de construction qui devrait durer trois mois, commence au début de l’été. La compagnie s’attendait à couper le ruban à la centrale en septembre et grâce à l’université de Fredericton, ça pourrait être le cas.

« Nous n’en serions pas où nous en sommes aujourd’hui sans le soutien de UNB », explique David Wagner en concluant son entrevue.