
Un moteur pas comme les autres
Braden Murphy, étudiant à l’université Dalhousie, était encore au lycée quand il a lu un article dans Popular Science qui a piqué sa curiosité à propos des moteurs et leur configuration.
« Mon père me l’a montré et l’article exposait tout ce qui est inefficace dans un automobile », explique M. Murphy, un étudiant en maîtrise en génie mécanique.
Un défaut en particulier mentionné dans l’article a retenu son attention – l’inefficacité des moteurs. Depuis ce jour, M. Murphy s’est mit à sérieusement réfléchir à un moyen de les améliorer.
Ce qui a commencé comme projet de design entrepris par Braden Murphy dans sa dernière année du premier cycle universitaire est maintenant devenu un prototype de moteur pneumatique démontrant un franc succès. Le moteur est plus petit, plus fiable, et au final plus efficace que ce que la technologie actuelle offre aujourd’hui sur le marché.
« Les moteurs pneumatiques prennent un gaz compressé, comme l’air, et transfèrent cette énergie à un arbre d’entraînement rotatif qui fait tourner une pièce mécanique », explique M. Murphy. Un moteur pneumatique, « moteur à air », peut aussi fonctionner sans étincelles alors il peut être utilisé en toute sécurité dans des environnements truffés de matières dangereuses, comme celles qu’on retrouve dans l’industrie du pétrole et du gaz.
Dr. Darrel Doman, co-inventeur du nouveau moteur et professeur adjoint en génie mécanique, explique que le nouveau modèle nécessite moins de vérifications de maintenance que les modèles offerts par la technologie actuelle, ce qui représente un énorme avantage financier pour les compagnies qui ont besoin de la technologie de moteur pneumatique. En plus, le moteur est plus puissant à des vitesses moins élevées que des modèles précédents – ce qui le rend idéal dans plusieurs situations.
« Une innovation comme ça ne survient pas par hasard », explique Dr. Doman. « Non seulement avons-nous besoin des bonnes personnes, mais nous avons aussi besoin d’un leadership solide, ainsi que les bons partenaires industriels », explique Dr. Doman.
Un partenariat qui vaut la peine d’être exploré
Naturellement, la nature innovante du design du nouveau moteur a suscité beaucoup d’intérêt, en commençant avec le Bureau d’innovation et de liaison avec l’industrie (ILI).
« Dès le départ, ce projet nous a paru solide et on a tout de suite vu qu’il avait du potentiel pour aller loin », dit Erica Fraser, gestionnaire de la commercialisation de la technologie pour le génie et les sciences au ILI. La participation du ILI a aidé à conclure une entente de licence avec York Bridge Enterprises, entente qui fut annoncée officiellement mardi. « Il s’agit d’un exemple parfait du genre d’aide que notre bureau essaye de fournir pour le milieu de la recherche à l’université Dalhousie en collaborant autant avec le secteur privé que le milieu de la recherche », ajoute Stephen Hartlen, directeur exécutif du ILI.
La compagnie York Bridge Enterprises, basée à Toronto, se concentre sur les nouvelles entreprises technologiques de petite taille au Canada. Ken Richards, un ancien étudiant de l’université Dalhousie et partenaire à York Bridge feuilletait une copie du magazine pour les anciens de Dal quand un article sur le Life Sciences Research Institute (institut de recherche des sciences de la vie) a retenu son attention. Un simple courriel de la part de Ken a commencé une série d’évènements qui a éventuellement eu pour résultat l’annonce d’hier. Des ententes de licence supplémentaires sont également prévues.
George Smitherman, un autre partenaire dans la compagnie, reconnaît qu’il existe de nombreuses nouvelles technologies développées dans les universités canadiennes et il reconnaît aussi le besoin d’avoir accès à des fonds qui permettraient la commercialisation de ces créations.
« À l’aide des ressources intellectuelles d’un étudiant à l’époque au premier cycle, influencé par l’extraordinaire capacité des professeurs, nous avons une opportunité de mettre sur le marché un produit qui comble certains des sérieuses lacunes du moteur pneumatique tel qu’on le connaît aujourd’hui », affirme M. Smitherman. « Notre objectif et notre obligation consistent à faire tout dans notre pouvoir pour nous assurer que le monde entier ait accès à cette incroyable technologie ».
Le projet va de l’avant
La commercialisation se présente à l’horizon alors qu’une nouvelle compagnie basée en Nouvelle Écosse, Scotia Motor Works, développe la nouvelle technologie de ce moteur – ici dans notre province. M. Smitherman sera le PDG de la compagnie. « Beaucoup de très bonne recherche innovatrice est effectuée à l’université Dalhousie et de la voir se faire obtenir une licence et amenée sur le marché, en plus de la voir rester en Nouvelle Écosse… et bien, je trouve que c’est génial », avoue Dr. Doman.