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Modèles de réussite

ABK Biomedical – Des post-it au prototype

Daniel Boyd dit souvent aux gens que « Springboard nous a fait passer d’un post-it au prototype ».

Daniel Boyd est le directeur scientifique à ABK Biomedical, une société de dispositifs médicaux basée à Halifax dont les produits améliorent l’efficacité et la sécurité des interventions à effraction minimale dans le traitement des fibromes utérins chez les femmes.

Daniel Boyd est un professeur au département des biomatériaux de l’école de médecine dentaire de Dalhousie University et un chercheur au département d’ingénierie biomédicale à l’école de médecine. À l’automne 2010, il a eu une idée de produit biomédical qu’il a griffonnée sur un post-it.

Fibromes utérins – des tumeurs qui affligent environ 40 pourcent des femmes de plus de 35 ans – sont maintenant détruites grâce à l’injection de minuscules billes biocompatibles autour de la tumeur pour qu’elle soit privée de sang et finisse par mourir. Mais il y a un problème : ces petites billes de verre ne sont pas visibles sous radioscopie, une technique d’imagerie utilisant des rayons X pour obtenir des images animées en temps réel. Les radiologistes d’intervention injectent un colorant dans le système de la patiente pour confirmer qu’ils ont bloqué les bons vaisseaux sanguins. L’injection du colorant prend du temps et la pigmentation peut être toxique ou peut mener à une réaction allergique, alors les risques de la procédure augmentent quand le colorant est injecté.

Daniel Boyd a eu une idée originale. Cette innovation était le développement de nouvelles particules – le terme clinique étant billes emboliques radio-opaques – nommées OccluRad qui sont visibles sous radioscopie, ce qui évite l’utilisation du colorant. On réduit alors le risque d’une réaction toxique causée par le colorant, on réduit les coûts et on fait gagner du temps, ce qui permet aux médecins de réaliser environ deux procédures supplémentaires par jour.    

En octobre 2010, Daniel Boyd n’avait guère plus que quelques notes inscrites sur un petit bout de papier jaune, mais Barbara Campbell du Dalhousie Industry Liaison and Innovation Office (bureau de liaison avec l’industrie de Dalhousie) l’a mis en contact avec un radiologiste d’intervention et ensemble, ils ont pu travailler sur le projet.

Springboard Atlantic s’est intéressé au projet et a remis une somme de 20 000$ à Daniel Boyd qu’il a utilisée pour créer, à partir de son idée, un prototype qui démontrait l’efficacité de son idée. Une année plus tard, à l’automne 2011, il a soumis son idée au défi Bio-Innovation Challenge, le concours de présentation d’idées pour les jeunes entreprises en biotechnologie organisé par BioNova. Daniel Boyd et sa nouvelle compagnie ABK Biomedical ont remporté le premier prix de 10 000$.

Avec ce premier coup de pouce de Springboard et Dalhousie, la compagnie a pu passer d’un projet de recherche à une véritable société. À l’automne 2012, la compagnie a recueilli 1,25 millions $ en subventions – des « anges » du Canada atlantique ont fait des investissements en capitaux totalisant 500 000$, 250 000$ en fonds de capital-risque venant d’Innovacorp et un prêt de 500 000$ de la part de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique.

Avec cet argent, la compagnie a pu améliorer sa structure organisationnelle en embauchant Pat O’Connor en tant que Chef de la direction. Pat O’Connor a tenu des rôles exécutifs dans le domaine de la technologie médicale et a travaillé dans le passé pour Boston Scientific et Stryker Orthopeadics.

Sous la direction de Pat O’Connor, la compagnie réalise actuellement des essais de développement détaillés en vue de soumettre une demande pour une approbation réglementaire en Europe, aux États-Unis et/ou au Canada. M. O’Connor s’attend à ce que ABK passe le restant de l’année 2013 à étudier les différentes voies réglementaires pour trouver celle qui offre l’accès le plus rapide et le plus probable au marché, pour ensuite soumettre une demande pour une approbation réglementaire au début de l’année 2014. Si tout va bien, la compagnie pourrait avoir un produit sur le marché plus tard la même année. On avance vite et le développement de la compagnie a été rapide étant donné que tout a commencé dans un laboratoire de Dalhousie il n’y a que trois ans. Daniel Boyd n’hésite pas à accorder le mérite du développement de la compagnie à Barbara Campbell du Bureau de liaison avec l’industrie et innovation de Dalhousie – il l’a tellement appréciée qu’il l’a gardée comme consultante pour la compagnie.

« Sans ce soutien de la part de Barbara Campbell à Dalhousie, » explique Daniel Boyd, « ABK aurait pu ne jamais voir le jour ».